Ce matin, Stéphanie Strullu, fondatrice d’AEA Gestion, était l’invitée de l’émission « Ici c’est vous » (9h–10h), animée par Lucas sur ici Pays Basque (ex-France Bleu Pays Basque). Le thème : la lourdeur administrative — ce fameux « millefeuille administratif » dont la simplification est promise de campagne en campagne. Au fil de l’heure, plusieurs Basques ont témoigné (une gérante de garage, un jeune créateur bayonnais, un agriculteur bio), tous confrontés à la même montagne de papiers. Voici ce qu’en a dit notre invitée.
Un millefeuille qui n’a pas maigri
Sur le papier, la promesse était d’avoir moins de travail. Dans la réalité, le constat est plus nuancé : « les couches précédentes ne sont pas enlevées », résume Stéphanie. On parle d’alléger, mais comme il faut toujours valider les étapes antérieures, peu de choses disparaissent — et de nouvelles obligations s’ajoutent régulièrement. Sa formule pour décrire l’affaire : le millefeuille est « un peu plus gourmand… bien calorique ».
Organismes de formation : Qualiopi en plus de tout le reste
Pour les organismes de formation, la charge est cumulative. À l’administratif classique d’une entreprise s’ajoute Qualiopi, une certification obligatoire. Son enjeu est concret : seuls les organismes certifiés peuvent permettre à leurs stagiaires d’obtenir une prise en charge de leur formation auprès de leur financeur — l’OPCO pour les salariés, le fonds dédié pour les dirigeants.
Ce que cela donne au quotidien ? Une multiplication des documents. Rien que pour la satisfaction, il faut par exemple un questionnaire de début de formation, de fin de formation, de satisfaction générale, côté employeur, côté formateur, puis un autre à quatre à six mois.
Le métier : soulager, pas remplacer
Stéphanie intervient une fois la société déjà créée — la création elle-même (statuts, montage) relève d’autres professionnels spécialisés. Son rôle, c’est d’enlever la surcharge : « Les mails, je m’en occupe. Le planning, je m’en occupe. Préparer les factures, je m’en occupe. »
Avec une limite claire, qu’elle tient à rappeler : « Je fais à votre place certaines choses, mais pas en votre nom. » C’est toujours le chef d’entreprise qui signe. La secrétaire indépendante est la « petite main » qui décharge, pas un substitut au dirigeant.
Pourquoi déléguer : du temps, de l’argent, de la productivité
Le cœur du problème, selon elle : la lourdeur administrative fait perdre du temps, de l’argent et de la productivité. Le dirigeant — ou ses salariés — passe des heures sur des relances et des montages de dossiers au lieu d’être « à fond » sur son métier. Déléguer représente un coût, « mais c’est récupéré en productivité derrière » : le dirigeant se reconcentre sur la recherche de clients, la commercialisation et la technique qui font avancer l’entreprise.
Sa réplique de la matinée, restée comme sous-titre officieux de l’émission : « Le Cerfa est mon ami. »
Qui décroche le concours de la paperasse ?
Interrogée sur qui réclame le plus de papiers — l’État, les assurances ou les banques —, Stéphanie pointe surtout la multitude de petits organismes publics qui demandent chacun leurs justificatifs sans forcément se transmettre les informations entre eux. Les assurances, elles, deviennent redoutables dès qu’il y a litige. Deux exemples vécus l’illustrent : une contestation d’amende qui a traîné près d’un an, et un sinistre de maison mal isolée dont la résolution a demandé quatre ans de procédures et d’expertises.
Ses conseils aux porteurs de projet
- Bien choisir son statut dès le départ, avec un expert-comptable ou un comptable : c’est déterminant pour la pérennité de l’entreprise.
- Savoir s’entourer et se faire accompagner — et accepter, à un moment, de lâcher les tâches qu’on ne maîtrise pas.
- Utiliser les structures locales : la CCI, en soutien aux entreprises, ou les permanences d’avocats.
- Se faire aider sur l’administratif ponctuel : déclaration d’impôts, rapprochement bancaire, vérification des assurances, chasse aux doublons — de petites choses chronophages qui valent le temps gagné.
Réécouter l’émission
L’interview est disponible en réécoute sur ici.fr : podcast de l’émission — ici Pays Basque.
En parler pour votre structure
Si la charge administrative vous pèse et que vous cherchez un appui fiable, sans les lourdeurs d’une embauche, contactez AEA Gestion. Le premier échange est gratuit et sans engagement.